Le Héraut Du Royaume De Jéhovah
Le Héraut Du Royaume De Jéhovah
Que ton règne vienne; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
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DROIT D’AÎNESSE DE LA LIBERTÉ
 
A qui serait transmis le précieux droit d'aînesse relatif à l'alliance conclue avec Abraham ? Jéhovah, représenté par Abraham, en décida, car il est l'auteur et le consommateur de l'alliance. Il guida son serviteur dans le drame symbolique.

Abraham était âgé de cent trente-sept ans lorsque Sara, sa fidèle compagne, mourut. A Charan", ville de la Mésopotamie, habitait Nachor, frère aîné d'Abraham. A ce dernier parvint la nouvelle que Bethuel, le fils de Nachor, était le père d'une jeune fille accomplie appelée Rebecca. Or, Isaac, âgé de près de quarante ans, n'était pas marié ; il refusait d'épouser une jeune fille du pays, parce que toutes descendaient de Canaan, le maudit. Il attendait de son père une épouse digne d'être partie dans l'alliance de la promesse qui devait être transmise aux héritiers légitimes. Cette femme devait craindre Dieu et être proche parente d'Abraham. Celui-ci ne retourna pas au pays duquel l'Eternel l'avait fait sortir, et il ne permit pas à Isaac de s'y rendre, mais il chargea Eliézer, le plus ancien de ses serviteurs, l'intendant de tous ses biens, d'aller dans sa famille choisir une femme pour son fils. Le Seigneur exauça la prière du serviteur d'Abraham en envoyant au-devant de lui Rebecca, l'épouse cherchée. Celle-ci lui apparut avant même qu'il entrât dans la ville où elle habitait. La rencontre eut lieu près d'un puits où il avait fait s'agenouiller ses chameaux. Après avoir donné à boire à l'inconnu, abreuvé ses bêtes et appris qui était Eliézer, Rebecca courut chez ses parents raconter que le serviteur d'Abraham était hors des murs.

Mais avant de se mettre à table, Eliézer rapporta à ses hôtes toutes les paroles d'Abraham, et il dit comment le Seigneur avait répondu à sa prière en lui envoyant Rebecca à la source. Alors Bethuel, père de Rebecca, et Laban son frère dirent : « C'est de l'Eternel que la chose vient ; nous ne pouvons te parler ni en mal ni en bien. Voici Rebecca devant toi ; prends et va, et qu'elle soit la femme du fils de ton seigneur, comme l'Eternel l'a dit. » Après avoir mangé, bu, et dormi une nuit, Eliézer demanda dès le matin à retourner vers son maître avec Rebecca ; celle-ci accepta, car cette affaire dirigée par le Seigneur ne devait pas être retardée. Alors les membres de la famille réunis « bénirent Rebecca et lui dirent : O notre sœur, puisses tu devenir des milliers de myriades, et que ta postérité possède fa porte de ses ennemis ! » (Genèse 24 : 50, 51, 60) Un soir qu'Isaac était sorti pour méditer dans la solitude des champs, il vit arriver les chameaux portant Eliézer et la fiancée inconnue. La caravane s'arrêta, Rebecca descendit de sa monture et se couvrit de son voile nuptial : « Le serviteur raconta à Isaac toutes les choses qu'il avait faites. Isaac conduisit Rebecca dans la tente de Sara, sa mère ; il prit Rebecca qui devint sa femme, et il l'aima. Ainsi fut consolé Isaac après avoir perdu sa mère. » (Genèse 24 : 66, 67) Dieu, lui-même en avait réglé tous les détails.

Ce charmant épisode de l'image prophétique donne toute leur valeur aux propos de l'Eternel, selon lesquels la postérité d'Abraham serait aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que les grains de sable des mers. Il montre que l'unique fils engendré de Dieu ne constituerait pas seul la « postérité », mais que pour exécuter ses desseins le Père donnerait à son Fils des associés dont ce dernier serait le Chef, comme un époux est le chef de sa femme. (I Corinthiens 11 : 3) Isaac continue à préfigurer Jésus-Christ, la postérité promise, tandis que Rebecca représente la classe des vrais disciples de Jésus, que Dieu unira à son Fils comme épouse symbolique, et ils constitueront ensemble un corps dont le Fils est la tête et qui, de ce fait, est appelé le « corps de Christ ». Par son mariage Rebecca devint la belle-fille d'Abraham, elle ne fit qu'un avec Isaac, l'image de la postérité promise. Cela montre comment les membres de l'épouse de Christ ou de « la femme de l'agneau » sont, grâce à leur adoption par Dieu, unis à Christ, et deviennent une partie de la vraie Postérité, celle du plus grand Abraham.

« Reconnaissez donc que ce sont ceux qui ont la foi qui sont fils d'Abraham. Aussi l'Ecriture, prévoyant que Dieu justifierait les païens par la foi, a-t-elle d'avance annoncé cette bonne nouvelle à Abraham : Toutes les nations seront bénies en toi ! ... Or, les promesses ont été faites à Abraham et à sa postérité. Il n'est pas dit : et aux postérités, comme s'il s'agissait de plusieurs, mais en tant qu'il s'agit d'une seule : et à ta postérité, c’est-à-dire à Christ. » (Galates 3 : 7, 8, 16) Ce texte prouve que la Postérité de Jéhovah, le plus grand Abraham, n'est autre que Christ, par lequel il bénit ceux qui prouvent leur foi. Ensuite il les adopte comme ses fils, et ceux-ci ne font qu'un avec Christ, ils deviennent par conséquent une partie de la « postérité », ce que la Bible confirme en ces termes : « Car vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Jésus-Christ ; ... Car tous vous êtes un en Jésus-Christ ... Et si vous êtes à Christ, vous êtes donc la postérité d’Abraham, héritiers selon la promesse. » - Galates 3 : 26-29.

Quand Dieu fit alliance avec Abraham, il ne lui révéla pas le nombre des associés de Christ, qui constitueraient son « épouse », tout comme il tient cachés le nombre des étoiles et celui des grains de sable, mais au temps convenable il fit connaître le nombre des membres du corps de Christ. (Apocalypse 7 : 4-8 ; 14 : 1-3) Nous avons dit qu'Isaac représentait la Postérité promise qui s'unit à la classe de « l'épouse " dont les membres sont enfants de Dieu et de son organisation, et que Sara, la mère d'Isaac, représentait Sion, la « femme » de Dieu, ou son organisation, appelée aussi la Jérusalem céleste. Ceci est prouvé par les paroles suivantes adressées aux disciples de Christ : « Mais la Jérusalem d'en haut est libre, c'est notre mère ... Pour vous, frères, comme Isaac, vous êtes enfants de la promesse ... C'est pourquoi, frères, nous ne sommes pas enfants de l'esclave, mais de la femme libre. » (Galates 4 : 26, 28, 31) L'organisation divine étant fondée sur la vérité, est libre.

Dieu prédestina celui qui devait être un instrument dans sa main pour magnifier son nom et bénir les croyants. Ce fait devient probant à mesure que les prophéties se réalisent. Il ne faut jamais oublier que le haineux « serpent ancien » s'acharne contre la postérité-promise. Il est toujours prêt à contrarier l'exécution des clauses de l'alliance de Dieu, espérant ainsi se faire passer pour plus puissant que lui. Après vingt années de stérilité, Rebecca devint féconde grâce à l'intervention du Seigneur qui lui révéla qu'elle enfanterait deux jumeaux, et que le dernier venu serait plus fort que le premier-né. Dieu décréta que l'aîné serait assujetti au cadet. (Genèse 25 : 21-23) Cela signifiait que l'Eternel avait choisi le plus jeune pour lui transmettre le droit d'aînesse, afin qu'il soit l'héritier de l'alliance conclue avec Abraham. Mais le « serpent ancien » ne sommeillait pas ; comme toujours il se mit immédiatement au travers des projets de l'Eternel et essaya de tourner son choix en dérision.

Ensuite Rebecca accoucha, on donna au premier-né le nom d'Esaü. Puis vint le second, il fut appelé Jacob, ce qui signifie « supplanteur ». Esaü devint un habile chasseur. Jacob, plus paisible, restait sous les tentes et aidait probablement son père Isaac à les confectionner et à les réparer. En outre, il étudiait soigneusement les clauses des alliances divines dont il désirait vivement la réalisation. Esaü ne se souciait nullement de l'alliance conclue avec Abraham, il chassait et se plaisait en la compagnie des filles maudites de Canaan, parmi lesquelles il cherchait des épouses. Pourtant il revendiqua ses droits dans l'alliance abrahamique en vertu des privilèges accordés par' la loi du pays aux fils premiers-nés. Il ne savait pas que Dieu avait décrété que le droit d'aînesse appartiendrait à Jacob, le plus jeune des jumeaux. Un jour qu'il était fatigué et affamé, il aima son ventre plus que tout le reste, méprisa la loi divine touchant les prérogatives de l'aîné des fils, et vendit son droit d'aînesse à Jacob pour un appétissant plat de lentilles. C'est pourquoi les Ecritures l'appellent impudique et profane. Dieu jugea et classa les deux jumeaux lorsqu'il déclara : « J'ai aimé Jacob et j'ai haï Esaü. » (Romains 9 : 10-13 ; Malachie 1 : 2, 3) Jacob possédait maintenant le droit d'aînesse à double titre : d'abord parce qu'il l'avait obtenu de l'Eternel, avec tous les privilèges inhérents à cette qualité, et ensuite parce qu'il l'avait acheté à son frère aîné. - Genèse 25 : 27 -34.

Le diable haïssait Jacob, et rêvait de le détruire avant qu'il eût des enfants. A Guérar en Palestine, Dieu avait renouvelé à Isaac le serment fait à Abraham. (Genèse 26 : 1-6) Le temps vint où Isaac, avancé en âge devait comme héritier d'Abraham, transmettre la bénédiction due à son successeur. Esaü n'avait pas avoué à son père qu’il avait vendu son droit d'aînesse. Il se comportait hypocritement comme si ce droit lui appartenait encore, et il alla chasser du gibier pour l'offrir à son père, conformément au désir exprimé par ce dernier, avec l'espoir de recevoir en échange sa bénédiction. Dieu permit que Rebecca fût instruite des projets d'Esaü. Il la guida pour que se réalisât ce qu'il lui avait prédit avant la naissance de ses fils. Il en résulta qu'Isaac donna sa bénédiction à Jacob que Dieu avait choisi, et il lui dit notamment : « Que les fils de ta mère se prosternent devant toi ! Maudit soit quiconque te maudira, et béni soit quiconque te bénira. » (Genèse 27 : 27 -29) Isaac, devenu vieux et aveugle, ne vit pas celui qu'il bénissait, et les termes de la bénédiction ne venaient pas de l'homme, mais lui étaient dictés par Dieu afin que son dessein subsistât. (Romains 9 : 11) Les bénédictions divines ne furent jamais dispensées au hasard.

Peu après Esaü revint de la chasse et exigea de son père la bénédiction attachée au droit d'aînesse. Il lui fut répondu que Jacob avait agi loyalement puisque son frère lui avait, quelques années auparavant, vendu son droit d'aînesse. Furieux de n'avoir pu tromper Jacob, l'héritier légitime de la promesse, Esaü projeta de le tuer après la mort de son père. Entre temps il avait épousé des Cananéennes. Par sa conduite il se révéla à tous égards indigne d'hériter la bénédiction, c'est pourquoi l'Eternel dirigea les événements contre lui.

Jacob avait passé soixante-dix ans. Sa mère ayant eu connaissance du projet criminel conçu par Esaü, ordonna à son fils cadet, resté fidèle, de fuir en Syrie, chez Laban, frère de Rebecca. Avant son départ, Isaac, aveugle, conseilla à Jacob, de ne pas imiter la conduite impure d'Esau, mais d'aller chez son cousin à Paddan-Aram, et de prendre une femme dans sa maison. Alors, sciemment cette fois, Isaac donna de nouveau la bénédiction divine à Jacob, montrant ainsi que ce dernier était bien l'héritier approuvé de Dieu.

Jacob partit pour la Syrie. Durant le voyage, Jéhovah lui envoya un rêve. Jéhovah parla à Jacob et, lui étendant les termes de l'alliance abrahamique, lui dit : « Toutes les familles de la terre seront bénies en toi et en ta postérité. »

Arrivé dans la ville de Charan, en Syrie, Jacob fut accueilli par son oncle Laban. Il s'engagea, par contrat, à travailler chez Laban pendant quatorze années pour obtenir en échange, comme femmes, ses deux filles Léa et Rachel. Par elles, Jacob devint père de onze fils et d'une fille.

A propos de la mort de ce patriarche, il est écrit dans le chapitre 35 de la Genèse, verset 29 : « Et Isaac rendit l'esprit et mourut, et il fut recueilli auprès de son peuple, âgé et rassasié de jours ; Esaü et Jacob, ses fils, l'enterrèrent. »

Jacob, le fils d'Isaac, continua à se loger sous des tentes, symboles de la précarité de sa condition de voyageur dans un pays étranger. Il ne prenait aucune part aux œuvres mauvaises de ce monde provisoire, mais regardait vers le nouveau monde de la justice. Jacob espérait l'établissement du Royaume de Dieu par la postérité promise. Il ne bâtit donc aucune ville parce que, comme ses pères Abraham et Isaac, il croyait fermement à la promesse de Jéhovah dont il fut un fidèle témoin.

Pour montrer qu'il approuvait ces trois ancêtres de la postérité promise. Jéhovah fit écrire : « C'est par la foi qu'Abraham, lors de sa vocation, obéit et partit pour un lieu qu'il devait recevoir en héritage, et qu'il partit sans savoir où il allait. C'est par la foi qu'il vint s'établir dans la terre promise comme dans une terre étrangère, habitant sous des tentes, ainsi qu'Isaac et Jacob, les cohéritiers de la même promesse. Car il attendait la cité qui a de solides fondements, celle dont Dieu est l'architecte et le constructeur ... C'est dans la foi qu'ils sont tous morts, sans avoir obtenu les choses promises ; mais ils les ont vues et saluées de loin, reconnaissant qu'ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre. Ceux qui parlent ainsi montrent qu'ils cherchent une patrie. S'ils avaient eu· en vue celle d'où ils étaient sortis, ils auraient eu le temps d'y retourner. Mais maintenant ils en désirent une meilleure, c'est-à-dire une céleste. C'est pourquoi Dieu n'a pas honte d'être appelé leur Dieu, car il leur a préparé une cité. » - Hébreux 11 : 8-10, 13-16.

Comme princes visibles sur la terre, ils prendront possession de cette « cité » ou gouvernement, sous l'administration du Royaume invisible de la postérité de la « femme » de Dieu. C'est pour cette raison que Jésus Christ, la postérité précitée, a dit : « Abraham, notre père, a tressailli de joie de ce qu'il verrait mon jour ; il l'a vu et il s'est réjoui. » (Jean 8 : 56) C'est parce qu'ils eurent une foi réelle, garantie par des œuvres, que leurs noms figurent sur la liste de la « grande nuée de témoins » ( de Jéhovah) dont parlent les Ecritures. - Voir Hébreux 12 : 1.