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LES AVOCATS DE LA LIBERTÉ
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L'homme et son épouse, contre lesquels le jugement avait été prononcé, quittèrent donc leur splendide demeure paradisiaque. Le monde libre dont ils avaient goûté les bienfaits n'existait plus. Ils vécurent désormais dans un monde corrompu, ayant pour seigneur invisible l'inique serpent à qui l'Eternel laissa le pouvoir. Ils restaient donc ses esclaves, incapables de se dégager de ses pièges, et le soutenant de ce fait dans la contestation relative à la suprématie de Jéhovah. Ils n'étaient plus les libres enfants de Dieu, mais les serviteurs de celui dont ils avaient écouté la parole, de préférence à celle du Très-Haut, méprisant sa glorieuse loi sous laquelle ils pouvaient librement faire le bien. Ils choisirent la servitude en se plaçant délibérément sous le joug de la loi du péché et de la mort. Ils n'avaient plus la force de résister aux passions inhérentes à l'humanité déchue. Privés des fruits du paradis qui e retenaient dans leur organisme une vie intense, ils perdirent progressivement la perfection du corps et celle de l'esprit. Comme ils avaient adopté la religion préconisée par le serpent, Dieu leur laissa la liberté du culte, mais il ne leur dispensa plus la vérité divine, qu'ils avaient suspectée et rejetée en Eden. Aucune contrée ne leur fut plus assujettie, ils durent subir les rudes exigences de l'ingrate terre maudite. Le labourage n'était pas un assujettissement du sol, mais bien une nécessité impérieuse de le cultiver pour en tirer les aliments indispensables à la prolongation de leur existence. Il y avait d'abord les inévitables douleurs de l'enfantement, ensuite leurs descendants naîtraient imparfaits, seraient pécheurs par hérédité à cause de la faute de leurs parents et, comme eux, voués à la mort, car, elle ne peut être détournée de son cours la loi naturelle ainsi conçue : « Comme par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu'ainsi la mort s'est étendue sur tous les hommes, parce que tous ont péché. » (Romains 5 : 12) « Adam connut Eve, sa femme, elle conçut et enfanta Caïn et elle dit : J'ai formé un homme avec l'aide de l'Eternel [Jéhovah]. » (Genèse 4 : 1) Après Cain parurent des milliards d'humains, tous pécheurs et plus ou moins malades. Beaucoup naquirent boiteux, bancals, bossus, idiots, aveugles, manchots, rachitiques, crétins, sans compter les innombrables mort-nés. Peut-on rendre Jéhovah responsable de toutes ces malfaçons ? D'autre part, la religion dit-elle la vérité lorsqu'elle prétend qu'au moment où ces enfants sortent du sein maternel, Dieu introduit en eux une âme immortelle afin qu'ils ne périssent jamais ? Le diable, l'inventeur de la religion, pouvait seul suggérer ces mensonges pour discréditer le Tout-Puissant, et susciter l'amertume dans le cœur des humains, contre le Dieu de la vie, en qui habitent toutes les perfections. Aucun des descendants d'Adam ne naquit selon l'ordre donné en Eden, c'est-à-dire en harmonie avec la volonté divine. Le fait que Dieu toléra leur naissance ne le rend pas responsable du peuplement de la terre d'humains débiles, contrefaits, immoraux et mourants. Ces créatures furent engendrées par des parents tarés et pécheurs. La responsabilité de cette situation incombe à Satan, le dieu imitateur, qui toujours essaie par n'importe quel moyen d'avilir le vrai Dieu. Le diable voulait persuader Eve qu'elle était la « femme » prédite par Jéhovah, dont la « postérité » écraserait la tête du Serpent (voir Genèse 3 : 15), et qu'à ce titre il avait favorisé la naissance de son fils. Satan veillait naturellement à ce qu'un' tel événement ne se produise pas. Egarée par ses illusions, Eve dut se convaincre que son premier-né était la « postérité » promise, et par conséquent un don du Très-Haut, venu dans le monde grâce à sa coopération. Aussi donna-telle à son fils le nom de Caïn qui signifie : « acquis ; obtenu ». Eve enfanta encore Abel (Genèse 4 : 2). Eve fit connaître à Caïn la prédiction divine concernant la mission dévolue à la « postérité » de la femme. Caïn grandit en se croyant « l'homme du destin ». Satan, l'invisible surveillant, eut soin de fortifier en lui cette espérance. Sa mère, persuadée que la prophétie n'intéressait qu'elle et son fils, ne pouvait qu'entretenir ses illusions, si bien que Caïn se voyait écrasant le serpent, gagnant ainsi la reconnaissance d'Abel, de ses autres frères et sœurs, de ses parents, et devenant par cet exploit le plus grand personnage de la terre, un habile politicien capable de dominer le monde. De telles pensées le rendirent ambitieux, ce qui veut dire égoïste, il ne pensait plus qu'à rechercher sa propre gloire. Puisque Jéhovah avait annoncé une « postérité », qui ne pouvait être que lui, et avait même défini sa mission, il était tout indiqué que Caïn devait, pour accomplir ladite mission, s'appuyer sur l'Eternel et s'assurer sa collaboration. Il commença donc à lui offrir des dons par le feu, tout comme de nos jours des chapelains religieux prononcent, dans certains pays, des prières lors des sessions des chambres législatives ou à l'occasion d'autres actes politiques. Caïn adopta la fausse interprétation, d'inspiration religieuse diabolique, au sujet de la « postérité », c'est pourquoi Jéhovah n'agréa pas son genre d'adoration qu'animait un souffle sacrilège. « Abel fut berger, et Caïn fut laboureur. Au bout de quelque temps, Caïn fit à l'Eternel une offrande des fruits de la terre ; et Abel, de son côté, en fit une des premiers-nés de son troupeau et de leur graisse. L'Eternel porta un regard favorable sur Abel et sur son offrande ; mais il ne porta pas un regard favorable sur Caïn et sur son offrande. » (Genèse 4 : 2-5) Abel connaissait, lui aussi, la promesse relative à la postérité de la femme, il ne doutait pas de l'accomplissement de la prophétie divine ; mais jamais il ne fut assez présomptueux pour se croire cette postérité. Il s'avoua pécheur devant Dieu, et comprit qu'il avait lui-même besoin d'une couverture semblable, et que cela ne pouvait avoir lieu que grâce à l'effusion du sang, c'est-à-dire par l'offrande de la vie d'une victime expiatoire ; il offrit comme symbole un agneau pris parmi les premiers-nés de son troupeau, attestant ainsi sa foi et montrant comment on pouvait s'approcher de Dieu. Son adoration ne fut pas intéressée, mais il exprima sa reconnaissance pour la promesse d'une postérité libératrice. Cette adoration n'avait rien de religieux, il croyait et adorer selon la vérité, aussi son offrande fit-elle agréable à Jéhovah. Caïn voyant que l'Eternel était favorable à Abel, considéra son frère comme un obstacle. A cause de lui il ne serait pas la postérité choisie. C'est pourquoi, loin de se repentir et de l'imiter en adorant Dieu, comme lui, selon la justice, il l'attira dans un champ désert et le tua sans témoin visible, en croyant naïvement que son crime ne serait pas découvert. On ignore s'il avait longtemps persécuté son frère, ce fidèle serviteur du Très-Haut, avant de le supprimer. « Ne pas ressembler à Caïn qui était du malin et tua son frère. Et pourquoi l'a-t-il tué ? Parce que ses œuvres étaient mauvaises, et que celles de son frère étaient justes ». (I Jean 3 : 12) Le premier témoin humain de Jéhovah, fut ôté pour que la religion prospère librement sans qu'aucun fâcheux puisse la démasquer. Ce témoin fidèle ne pouvait être supprimé, même par le meurtre. Le témoignage de son intégrité subsiste, pour la justification du nom de Jéhovah. Il est, en effet, dit de lui : « C'est par la foi qu'Abel offrit à Dieu un sacrifice plus excellent que celui de Caïn ; c'est par elle qu'il fut déclaré juste, Dieu approuvant ses offrandes ; et c'est par elle qu'il parle encore quoique mort. » (Hébreux 11 : 4) Les taches de sang clament la culpabilité de la religion et crient vengeance contre les criminels religieux ; ce cri du sang répandu depuis Abel sera entendu de l'Eternel. Jéhovah ne fit pas mourir le criminel Cain, aussitôt après son crime, il ne désigna aucun membre de la famille d'Adam comme vengeur du sang, car nul d'entre eux n'était digne de le représenter en cette qualité. La vengeance lui appartient, et il se réservait de l'exercer contre l'assassin de son témoin au temps prévu. Il permit au criminel de subsister et d'engendrer une postérité, car il disposait d'un autre moyen d'anéantir Caïn et sa descendance, en faisant plus tard disparaître le vieux monde gangrené. « Adam connut encore sa femme ; elle enfanta un fils et l'appela du nom de Seth, car, dit-elle, Dieu m'a donné un autre fils à la place d'Abel que Caïn a tué. » (Genèse 4 : 25) Abel fut le commencement d'une « grande nuée de témoins » dont parlent les Ecritures (Hébreux 12 : 1), mais dans le chapitre onze de la même épître aux Hébreux, où sont cités des noms de fidèles du passé, Seth ne figure pas sur la glorieuse liste pour s'être illustré par sa foi et son zèle comme témoin de Jéhovah. Trois cent quatre-vingt-sept ans après la naissance d’Enosch parut un homme qui, par sa foi, mérita l’approbation de l'Eternel, dont il fut un adorateur en esprit et en vérité. Voici ce qui est dit de lui : « Jéred, âgé de cent soixante-deux ans, engendra Hénoc ... Hénoc, âgé de soixante-cinq ans, engendra Métuschélah.Hénoc, après la naissance de Métuschélah, marcha avec Dieu trois cents ans ; et il engendra des fils et des filles. Tous les jours d'Hénoc furent de trois cent soixante-cinq ans. Hénoc marcha avec Dieu ; puis il ne fut plus, parce que Dieu le prit. » - Genèse 5 : 18, 21-24. Hénoc signifie « discipliné ; consacré ». Il avait foi en l'Eternel, sa conduite prouva qu'il s'était entièrement consacré à son service. Le fait qu'il marcha avec Dieu implique qu'il était en communion avec lui, grâce à la vérité qui lui fut révélée, parce qu'il suivit la voie de la justice en harmonie avec cette vérité. Il n'était pas de ce vieux monde pervers, mais par la foi il espérait un monde nouveau où la « postérité » de la « femme » de Dieu gouvernerait la terre, après avoir jugé le serpent ancien et sa postérité, et lui avoir écrasé la tête. Le fidèle Hénoc appartenait à la septième génération des descendants d'Adam. Jéhovah fit de luisons prophète pour prédire le jour du jugement qui surviendrait à la fin du règne de Satan. Il est écrit à ce sujet : « C’est aussi pour eux qu'Hénoc, le septième depuis Adam, a prophétisé en ces termes : Voici, le Seigneur est venu avec ses saintes myriades, pour exercer un jugement contre tous, et pour faire rendre compte à tous les impies parmi eux de tous les actes d'impiété qu'ils ont commis et de toutes les paroles injurieuses qu'ont proférées contre lui des pécheurs impies. » Cette prophétie prononcée par Hénoc prouve qu'il vivait dans un monde vicié, bien que les hommes invoquassent le nom de l'Eternel. Une aussi sombre prédiction mettait les jours d'Hénoc en danger, car il vivait au sein de la « postérité » du serpent. - Jude, versets 14 et 15. Le chapitre onze de l'épître aux Hébreux, qui célèbre la foi invincible des anciens témoins de Jéhovah, dit aux versets 5 et 6 : « C'est par la foi qu'Hénoc fut enlevé pour qu'il ne vît point la· mort, et qu'il ne parut plus parce que Dieu l'avait enlevé ; car, avant son enlèvement, il avait reçu le témoignage qu’il était agréable à Dieu. Or, sans la foi, il est impossible de lui être agréable ; car il faut que celui qui s'approche de Dieu croie que Dieu existe et qu'il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent. » Hénoc, estimé de Dieu pour sa foi et sa fidélité, conserva son intégrité dans l'épreuve. Il honora et défendit le nom de Jéhovah au milieu d'un monde gangrené en bravant courageusement l'inimitié de la postérité du serpent. Lorsque l'Eternel eut décidé qu'Hénoc avait achevé son œuvre de témoignage, il lui donna une vision du monde à venir, dans lequel la mort sera vaincue et supprimée grâce à la puissance du Très-Haut, exercée par la postérité de sa « femme ». Ainsi, Dieu enleva Hénoc, afin qu'il s'éteigne paisiblement sans éprouver aucune des angoisses de la mort ; sans même se douter qu'il allait mourir. Ainsi Hénoc « mourut dans la foi » et ses ennemis ne purent jamais découvrir son corps. Quand la vie lui sera rendue au seuil du monde nouveau, ce souvenir lui reviendra le premier à la mémoire, et de ses yeux il verra, cette fois, l'ancienne vision devenir la plus bienfaisante des réalités. |


