Le Héraut Du Royaume De Jéhovah
Le Héraut Du Royaume De Jéhovah
Que ton règne vienne; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
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L'association International Les Témoins de Jéhovah

L'étude de la Bible

 
EPÎTRE DE JACQUES
 
«Jacques, serviteur de Dieu et du Seigneur Jésus-Christ, aux douze tribus qui sont dans la dispersion, salut! » Ainsi commence cette épître. Mais de quel Jacques s'agit-il, puisque quatre ou cinq disciples de Jésus sont ainsi nommés dans les Ecritures grecques? Deux étaient apôtres; ils sont donc automatiquement éliminés puisque l'écrivain de l'épître se dit lui-même serviteur de Dieu et de Christ, et non apôtre. Le seul autre Jacques particulièrement mentionné dans la Bible est le frère de Jésus. (Mat. 13: 55; Marc 6: 3; Gal. 1: 19) Lorsque Jésus prêchait en Palestine ses frères selon la chair ne croyaient point en lui; ils ne l'acceptèrent comme Sauveur qu'après sa résurrection. (Jean 7: 5; Actes 1:14) Il est possible que son frère Jacques ait été converti au christianisme par une apparition de Jésus ressuscité. (I Cor. 15:7) Quoi qu'il en soit, Jacques semble avoir reçu de bonne heure une charge dans le groupe des chrétiens de Jérusalem, dont il présida plusieurs conciles et en publia les décisions. (Actes 12:17; 15:13-23; 21:18) Il est même possible qu'il ait écrit les résolutions prises au concile qu'il présida et qui furent émises ensuite par Paul et Silas. (Actes 15: 23-29; 16: 4) Selon toute probabilité l'épître de Jacques fut écrite par le frère de Jésus, et il la fit partir de Jérusalem à destination des chrétiens de partout.

Si cette épître fut écrite par Jacques le frère de Jésus, elle fut mise en circulation vers l'an 62. En cette année, Festus, le procureur de la Judée, mourut. L'histoire profane rapporte qu'avant l'arrivée de son successeur, Albinus, les Juifs organisèrent une manifestation au cours de laquelle le grand prêtre rassembla le sanhédrin en tribunal devant lequel l'on traîna Jacques, le frère de Jésus. Le grand prêtre accusa Jacques de crimes imaginaires, et le frère du Seigneur fut livré pour être lapidé. Ce martyr mourut en 62; son épître a donc été écrite avant cette date, à un moment difficile à préciser, mais certaines circonstances permettent de supposer que ce fut peu de temps avant sa lapidation. On doit aussi tenir compte du temps qu'il fallut aux chrétiens, c'est-à-dire à « l'Israël de Dieu », pour se disperser, comme le dit l'épître.

Cette lettre est moins doctrinale que pratique. Elle insiste surtout pour que la foi soit prouvée par des œuvres, ce qui ne contredit nullement les déclarations de Paul relatives au salut, qui s'obtient non par les œuvres, mais par la foi. Cette manière de voir a été contestée par certains. Il ne peut cependant subsister aucun doute à ce sujet. En réalité Jacques montre la nécessité d'une foi, non négative, mais agissante, manifestée par les œuvres pratiques en harmonie avec cette dernière, et non pas une simple ferveur verbale imitant la foi. Il ne préconise pas le retour aux œuvres mortes de la loi condamnées par Paul et incapables de procurer le salut. Jacques et Paul avaient une même conception des vérités évangéliques. - Actes 15:1, 2, 13, 19, 20; Gal. 1: 9; 2:9.

Les épreuves auxquelles sont soumis les chrétiens affermissent leur foi et produisent la patience ; aussi les tentations et les afflictions doivent-elles être supportées joyeusement. Si quelqu'un manque de la sagesse d'en haut, qui est une puissante arme défensive, qu'il la demande à Dieu qui la donne à tous généreusement, si toutefois la demande est faite avec foi, et sans fausseté. Ceux qui supportent patiemment la tentation, recevront après avoir été éprouvés, la couronne de vie. Nul ne doit penser qu'il est tenté par Dieu lorsqu'il subit une épreuve, car Dieu ne tente personne. Mais chacun est tenté quand il est attiré et amorcé par sa propre convoitise. Lorsque celle-ci a conçu, elle enfante le péché qui produit la mort. Toute grâce excellente et tout don parfait viennent du Père des lumières, chez lequel il n'y a ni changement ni ombre de variation. Les chrétiens sont engendrés selon sa volonté par la parole de vérité, pour être ses fils spirituels. Jacques dit en substance: Ne vous bornez pas à écouter la parole, mais mettez-la en pratique et vous serez bénis dans votre service. « L'adoration pure et sans tache devant Dieu notre Père, consiste à visiter les orphelins et les veuves dans leur affliction, et à se tenir immaculé du monde. » — 1: 1-27, d'après Murdock, angl.

Celui qui croit à la vérité divine ne doit faire acception de personne. Ne favorisez pas quelqu'un à cause de sa position, de ses richesses ou de son apparence extérieure. L'habit ne fait pas le chrétien! Celui qui est magnifiquement vêtu ne doit pas être favorisé au détriment d'un pauvre misérablement vêtu que vous reléguez dans l'ombre. Dieu a choisi les pauvres de ce monde qui sont riches en la foi et héritiers du Royaume. N'avilissez donc pas les pauvres. Ils constituent la grande majorité de ceux qui honorent Dieu, alors que les riches s'unissent comme oppresseurs et blasphémateurs. N'ayez donc aucun égard à l'apparence des personnes, ce serait pécher. Accomplissez plutôt la loi royale suivante: «Tu aimeras ton prochain comme toi-même.» Soyez miséricordieux afin qu'il vous soit fait miséricorde. Votre foi doit être vivante et s'exprimer par votre conduite. L'homme est justifié si sa foi est manifestée par des œuvres. «La foi, si elle n'a pas les œuvres, est morte, étant seule.» «Comme le corps sans le souffle est mort, de même la foi sans les œuvres est morte.» — 2: 1-26.

Jacques aborde maintenant une question vitale entre toutes, il parle de la langue, dans un style très imagé qui impressionne vivement le lecteur, en lui montrant combien il est difficile de discipliner ce petit membre souvent indomptable: Celui qui ne bronche point en paroles est capable de tenir tout son corps en bride. Le mors placé dans la bouche des chevaux permet de guider leur corps entier. Les grands navires poussés par des vents impétueux sont dirigés par un très petit gouvernail au gré du pilote. Ainsi la langue est un petit organe qui se vante de grandes choses. Une étincelle peut embraser une grande forêt, de même la langue est un feu, enflammant tout le corps et le souillant. Toutes les espèces de bêtes, oiseaux, reptiles et animaux marins, sont domptés par l'homme, mais «la langue, aucun humain ne peut la dompter». De la même bouche sortent la bénédiction et la malédiction. Il ne faut pas qu'il en soit ainsi. Si quelqu'un se croit sage, qu'il le montre par sa bonne conduite. L'envie et l'esprit de dispute sont les fruits de la sagesse terrestre diabolique, mais: «La sagesse d'en haut est premièrement pure, ensuite pacifique, modérée, conciliante, pleine de miséricorde et de bons fruits, exempte de duplicité, d'hypocrisie.» — 3:1-18.

Le chapitre quatre parle des luttes et des querelles divisant les assemblées chrétiennes et attribue ces troubles à la convoitise. Il semble que déjà certains groupes primitifs tombaient dans le piège consistant à rechercher les richesses de ce monde et la faveur des hommes riches et influents, se mêlant ainsi sans nécessité aux affaires de ce monde, s'égarant au point de s'acharner à poursuivre ses biens et ses plaisirs. Ils demandent mal de telles choses, dans le but de satisfaire leurs désirs charnels. C'est pourquoi Jacques pose la troublante question suivante: a adultères que vous êtes! Ne savez-vous pas que l'amour du monde est inimitié contre Dieu? Celui donc qui veut être ami du monde se rend ennemi de Dieu. » Ce langage aussi logique que vigoureux est suivi d'un puissant appel à la raison. Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles. Résistez au diable, et il fuira loin de vous. Approchez-vous de Dieu, et il s'approchera de vous. Purifiez vos cœurs, repentez-vous, soyez humbles. Ne dites aucun mal des autres, abstenez-vous de les juger; Dieu seul est Juge. Censurez votre propre conduite. Celui qui connaît le bien et ne le fait pas commet un péché. — 4:1-17.

Dans le dernier chapitre, Jacques invite les riches assez fous pour ne penser qu'à accumuler des biens, à pleurer et à gémir à cause des malheurs qui vont fondre sur eux. Vos richesses sont pourries, dit-il, et vos vêtements sont rongés par les teignes. Votre or et votre argent sont rouillés et leur rouille s'élèvera en témoignage contre vous. Le salaire dont vous avez frustré les ouvriers qui moissonnèrent vos champs, crie; ces cris se joignent aux plaintes des moissonneurs, et parviennent jusqu'aux oreilles de Jéhovah dans les cieux. Vous avez vécu sur la terre dans les voluptés et les délices. Vous avez condamné et tué le juste, qui ne vous a pas résisté. Le chrétien doit patiemment endurer toutes ces injustices jusqu'à la venue du Seigneur, qui prononcera un jugement équitable. Jacques leur recommande de prendre comme modèles de souffrance et de patience les anciens prophètes. Vous avez entendu parler de la patience de Job, dit-il, comment il resta intègre en endurant les plus grands maux, et vous savez quelle fin le Seigneur lui accorda. Patientez ainsi jusqu'à la fin du mal, recourez promptement à la prière, surtout dans l'adversité. - 5:1-20.

L'examen de cette épître nous révèle que loin de combattre les écrits de Paul relatifs à la justification par la foi et la grâce et non par les œuvres, Jacques essaie de rectifier certaines erreurs introduites furtivement dans les assemblées primitives et qui étaient devenues des pièges. Il insista, par exemple, pour que la foi soit prouvée, non par les œuvres de la loi, mais par des œuvres conformes aux commandements de Christ et exécutées avec une foi parfaite en lui. Quelques-uns accomplissaient un vain service verbal et déclaraient avoir la foi, mais cette prétention était démentie par leur conduite. Quand parut cette épître, l'église primitive ayant progressé était solidement établie. Quelques-uns seulement, cédant aux tentations de ce monde, s'étaient relâchés et, amorcés par leurs propres convoitises, ils abandonnèrent leur service théocratique et péchèrent volontairement en se souillant avec ce monde impur. Ils s'avilirent devant certains hommes occupant une situation sociale importante, et préférèrent eux aussi poursuivre les vaines richesses matérielles périssables. Le moment était venu pour eux de s'identifier comme chrétiens en pratiquant des œuvres justes. Il est certain que des envieux qui palabraient dans le vent, avaient besoin d'être réduits au silence et invités à manifester la sagesse d'en haut au lieu de propager des doctrines terrestres. C'est ainsi, semble-t-il, que plusieurs perdirent la foi et s'égarèrent loin du christianisme. Par son épître Jacques essaya de les ramener dans le droit chemin.