Le Héraut Du Royaume De Jéhovah
Le Héraut Du Royaume De Jéhovah
Que ton règne vienne; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
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L'association International Les Témoins de Jéhovah

L'étude de la Bible

 
EPITRE AUX HÉBREUX
 
Qui écrivit l'épître aux Hébreux? Cette question fut l'objet d'une longue controverse injustifiée, car il n'existe aucun document permettant d'attribuer cette lettre à un autre que Paul. Les chrétiens primitifs grecs et asiatiques sont d'accord pour déclarer que cette épître a été rédigée par l'apôtre Paul. Les termes, les formes d'expression et les allusions ressemblent parfaitement à celles des autres épîtres de Paul. Certains détails correspondent à sa situation à cette époque. Il alla, par exemple, en Italie (Héb. 13:24), où il fut emprisonné. (Héb. 10:34) Etant en relation étroite avec Timothée, il pouvait dire aux Hébreux qu'il irait les voir avec lui si les événements le permettaient. (Héb.13:23) Une preuve supplémentaire confirma récemment que Paul est l'écrivain de ladite épître. En 1931 fut rendue publique la découverte d'anciens manuscrits sur papyrus, l'un d'eux, connu maintenant sous le nom de Chester Beatty Papyrus No 2 (P46), et écrit peu après l'an 201, contient 86 pages d'un codex des épîtres de Paul. On trouve en tête de cette collection des épîtres pauliniennes l'épître aux Romains, puis celle aux Hébreux; viennent ensuite huit autres épîtres de Paul. Ceci montre bien que pour les premiers chrétiens, l'apôtre Paul était l'écrivain de l'épître aux Hébreux, car ils inclurent la lettre aux Hébreux dans leur codex des épîtres de Paul.

La manière typique d'exposer la doctrine est bien celle de Paul, et les variations de son style habituel sont dues à ce qu'il s'adressait à des lecteurs juifs. Dans d'autres lettres il dit avec insistance que le salut s'obtient par la foi et la grâce, et non par les œuvres de la loi. Il fait cependant l'éloge de cette loi, comprenant qu'elle fut donnée comme un pédagogue pour conduire Israël à Christ. Quand Christ vint, la loi prit fin car elle avait accompli son dessein et fut elle-même accomplie par Christ. Cette doctrine prévaut dans les épîtres reconnues comme venant de Paul. L'écrivain de l'épître aux Hébreux montre la même claire compréhension de ces questions. Dans cette lettre adressée aux Juifs chrétiens, il raisonne sagement en partant d'un point de vue strictement juif. Il montre comment la loi, ses ordonnances et ses sacrifices préfigurèrent Christ et son œuvre, comment toutes ces choses seraient accomplies par Christ et se termineraient dans leur sens typique, et enfin de quelle manière ces ombres étaient remplacées par des réalités infiniment plus magnifiques, dont les dispositions miséricordieuses enrichissaient les croyants juifs eux-mêmes. Les conclusions de Paul sont les mêmes que celles de ses épîtres aux Gentils ou aux assemblées mixtes, mais les arguments aboutissant à ces conclusions sont conçus pour des disciples juifs, fondés sur une base qui leur est familière, de sorte que les plus honnêtes parmi eux pouvaient sans difficulté comprendre le raisonnement lumineux de l'apôtre, et en toute conscience, passer de l'observance de la loi à la foi en Christ.

Pourquoi Paul, «l'apôtre des Gentils» dédia-t-il une épître à l'assemblée chrétienne juive de Palestine? Parce qu'il s'intéressait toujours vivement à ses compatriotes; cela est prouvé par les collectes qu'il organisa en faveur des Juifs chrétiens nécessiteux de la Judée. (Actes 11:29,30; Rom. 15: 26-28; I Cor. 16: 1-4; II Cor. 8: 1-4; 9: 1-15) Mais certainement, au temps où il écrivit sa lettre, Paul obéissait à un mobile plus puissant et mieux défini. Les Juifs chrétiens de toute la Palestine, et surtout ceux de Jérusalem avec son temple et les environs, étaient exposés à de violentes persécutions venant des Juifs asservis à la loi, dont ils observaient encore les ordonnances devenues pourtant des rites sans valeur. Une forte crainte et la persécution poussaient les Juifs chrétiens à retourner au judaïsme. Le but de la vigoureuse épître de Paul était de prévenir une telle apostasie. (Héb. 2: 1; 4: 1-11; 6:6; 10: 23-26) Les vérités expliquées devaient affermir la foi des Juifs venus au christianisme, et leur procurer en outre des arguments irréfutables avec lesquels ils pourraient non seulement battre en brèche leurs persécuteurs juifs, mais encore convertir les Juifs honnêtes cherchant la vérité divine. Ces documents devaient les rendre capables d'amener les Juifs intéressés sur un terrain familier, et leur donner une compréhension totale des buts de l'alliance de la loi et de son accomplissement, leur facilitant ainsi l'accès aux bénédictions de la nouvelle alliance. L'épître de Paul fut la « nourriture au temps convenable » à l'usage des Juifs chrétiens contemporains de Paul. Elle les équipa pour de bonnes œuvres dans le service du Royaume.

A quel moment l'épître aux Hébreux fut-elle écrite? Certainement avant la destruction du temple en 70, car de la manière dont il est parlé dans les textes indiqués ci-dessous, le service de la maison de Dieu était assuré continuellement. (8:4; 9: 25; 10: 11; 13: 10) L'époque de sa rédaction se précise davantage encore si l'on se souvient qu'elle fut rédigée par Paul alors qu'il était détenu à Rome de 59 à 61 après Christ. La lettre fut apparemment écrite d'Italie par quelqu'un qui était en prison ou venait d'en sortir. (10: 34; 13: 24) Timothée venait juste d'être «mis en liberté», ou selon une autre version, d'après l'original grec, «envoyé au loin». (13:23, Diaglott) Vers la fin de son premier emprisonnement à Rome, Paul écrivit à Philémon, aux Colossiens, aux Ephésiens et aux Philippiens. Timothée était alors avec lui et l'apôtre désirait l'envoyer chez les Philippiens, peut-être est-ce dans ce cas qu'il fut « envoyé au loin », c'est-à-dire à Philippes. (Phil. 2: 19) Tout ce qui précède soutient la thèse selon laquelle Paul écrivit aux Hébreux peu avant sa libération ou aussitôt après. Du fait qu'il n'exprime pas son espoir d'être bientôt relâché comme il le fit dans ses autres lettres écrites en prison, plusieurs concluent qu'il était déjà libéré tout en séjournant encore en Italie. On peut admettre que cette lettre fut écrite en 61. De même que les autres épîtres de Paul, celle destinée aux Hébreux fut probablement écrite en koiné grec, idiome généralement bien compris par les Juifs. Voici un résumé de cette lettre:

A plusieurs reprises et de plusieurs manières Dieu parla autrefois aux pères d'Israël par ses prophètes, mais en ces derniers temps il a parlé à Israël par son Fils Christ Jésus. Il l'a établi héritier de toutes choses, il est l'empreinte de la personne du Père, il a purifié de leurs péchés ses disciples, et s'est assis à la droite de Jéhovah, étant devenu de beaucoup supérieur aux anges. (1: 1-14) C'est pourquoi les choses que Dieu fait dire par son Fils bien-aimé, méritent la plus grande attention et doivent être rappelées souvent. Ce Fils fut fait un peu inférieur aux anges et souffrit la mort pour tout homme obéissant à Dieu. Par sa mort, Christ Jésus a montré qu'il était capable d'anéantir en dernier lieu le diable, qui a la puissance de la mort. Il est maintenant un souverain sacrificateur miséricordieux, qualifié pour faire l'expiation des péchés du peuple. (2: 1-18) Christ et son ministère sont infiniment plus glorieux que Moïse et son service. La voix de ce Souverain Sacrificateur doit être écoutée. Ceux qui autrefois méprisèrent les instructions transmises par Moïse moururent dans le désert, à cause de leur incrédulité, et n'entrèrent pas dans le repos de Dieu. Ceux qui sont associés à Christ doivent être affermis par de dures épreuves et doivent persévérer dans la foi et l'obéissance, afin de pouvoir entrer dans le repos promis. Tous doivent marcher avec circonspection, car la parole de Dieu juge les sentiments et les pensées du cœur et de l'esprit; tout est manifeste aux yeux de Dieu. Mais Christ Jésus est un souverain sacrificateur miséricordieux qui vient au secours de son serviteur au moment du besoin. — 3:1 à 4:16.

Christ Jésus est un grand prêtre compatissant parce qu'il a été fait chair, et subit une sévère épreuve de la part de Satan et de ses agents. Il a appris l'obéissance par les choses qu'il a souffertes, et malgré ses grandes afflictions il est resté parfait dans son intégrité. C'est pourquoi il est devenu l'auteur d'un salut éternel pour les hommes qui lui obéissent, et fut établi par Dieu souverain sacrificateur selon l'ordre de Melchisédek. (5: 1-14) La perfection et le salut ne peuvent pas être obtenus par les œuvres mortes, mais par ce miséricordieux souverain sacrificateur. Si quelqu'un tombe après avoir été éclairé et engendré par l'esprit, il lui est impossible d'obtenir à nouveau ce don céleste, même par la repentance. C'est pourquoi Paul exhorte les Hébreux à tenir ferme dans la foi, à ne douter jamais de la réalisation de l'espérance placée devant eux, puisque Dieu qui ne peut mentir a juré par lui-même de l'accomplir. Cela devrait les ancrer davantage dans leur croyance et prévenir tout relâchement. — 6: 1-20.

Paul montre ensuite la supériorité de la prêtrise de Melchisédek sur la prêtrise lévitique. Lévi qui perçut la dîme l'avait indirectement payée, pour ainsi dire, par Abraham, dans les reins duquel il était encore lorsque ce patriarche donna la dîme à Melchisédek, sacrificateur et roi. La perfection ne pouvait venir du sacerdoce lévitique, aussi en fallait-il un autre, ce qui nécessitait également un changement de loi. Les sacrificateurs lévites offraient sans cesse des sacrifices pour les péchés et finalement mouraient; Christ Jésus, le Souverain Sacrificateur, offrit un seul sacrifice qui purifie pour toujours, et lui-même vit éternellement. (7: 1-28) Christ servit de médiateur pour une alliance nouvelle et meilleure, par laquelle la loi de Dieu est mise dans les esprits et écrite dans les cœurs. (8: 1-13) Le sacrifice de l'alliance de la loi était typique. Les grands prêtres lévites entraient une fois l'an dans le très-saint du tabernacle et du temple, et offraient le sang des taureaux et des boucs pour l'expiation; Christ Jésus est entré une seule fois devant la très sainte présence de Jéhovah et a offert son propre sang pour l'expiation des péchés de l'humanité obéissante. — 9: 1-28.

Dans le dixième chapitre, il est montré que les sacrifices offerts selon la loi ne pouvaient ôter les péchés, mais qu'ils n'étaient que l'ombre d'un meilleur sacrifice à venir. Ces sacrifices préfiguraient celui de Christ. Il vint dans un corps parfait, l'offrit à Dieu, accomplit la loi, y mit fin, et établit une nouvelle alliance. Ce nouvel arrangement comportait un seul sacrifice; il n'était pas nécessaire de les multiplier comme sous l'ancienne alliance de la loi; il était suffisant pour effacer définitivement les péchés. Ensuite, Paul, une fois de plus, recommande aux Hébreux de se réunir pour s'exhorter mutuellement afin de tenir ferme. Pourquoi? Parce que s'ils pèchent volontairement après avoir bénéficié de cet unique sacrifice, aucun autre ne pourra effacer ces nouveaux péchés prémédités, il ne reste plus que l'attente du plus terrible des châtiments réservés à ceux qui se retirent. L'apôtre rappelle à ces chrétiens juifs qu'ils restèrent auparavant fidèles à leur foi malgré de sévères tribulations, et leur recommande de continuer à agir ainsi.

Dans le chapitre suivant, Paul les fortifie en définissant ce qu'est la foi, et donne comme exemple la foi des fidèles du passé qui persévérèrent malgré les plus cruelles afflictions. (11: 1-40) Cette nuée de témoins inébranlables prouve qu'il est possible de rester intègres quoi qu'il arrive. Les chrétiens devraient donc prendre courage et persévérer fidèlement dans leur course malgré tous les genres de persécutions. Christ Jésus, leur Chef et Conducteur, courut avec persévérance et triompha de tout. Il faut se garder de mépriser le châtiment du Seigneur, car s'il est supporté patiemment il concourt à notre bien. Suivez avec vos pieds des voies droites; veillez à ce qu'aucune racine d'amertume ne vous trouble. Souvenez-vous du spectacle terrifiant qui accompagna l'inauguration de l'alliance de la loi au Sinaï, lorsque la montagne embrasée était secouée par un tremblement de terre, dans un grand bruit de tonnerre et sous les éclairs. La crainte de déplaire à Dieu sous l'alliance nouvelle doit être plus grande: l'assemblée chrétienne s'est approchée de la montagne de Sion, de la Jérusalem céleste, des myriades d'anges, de l'église des premiers-nés, de Christ Jésus et de Jéhovah Dieu, le Juge de tous. — 12: 1-29.

Le treizième et dernier chapitre contient diverses exhortations dont la plus précieuse est celle-ci: «Offrons sans cesse à Dieu un sacrifice de louange, c'est-à-dire le fruit de lèvres qui confessent son nom.»