L'étude de la Bible
MARC
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Marc ne figure pas parmi les douze apôtres. Il n'a pas continuellement suivi Christ Jésus. Aucune indication ne permet de dire qu'il fût jamais un disciple de Christ pendant le séjour terrestre de celui-ci. Comment pouvait-il donc être qualifié pour écrire la vie de Jésus? Même mieux! Comment fut-il capable de produire un évangile unanimement reconnu comme plus pittoresque et plus vivant que les trois autres? Marc naquit à Jérusalem, et sans doute, c'est là qu'il vit maintes fois Jésus. (Actes 12: 12, 25) L'on pense qu'il suivit Jésus après que Judas l'eut trahi, mais fuit quand la populace approcha de lui. (Marc 14: 51, 52) Mais ces rares instants où il vit Jésus ne pouvaient lui fournir la base nécessaire à la composition de cet évangile se rapportant principalement au ministère de Jésus en Galilée, et qui surpasse les autres par la minutie de ses descriptions. Ce récit très animé ne peut qu'être l'œuvre d'un témoin oculaire. Un rapide coup d'œil sur l'activité de Marc dans l'église primitive, révèle ses sources d'informations. «Jean, surnommé Marc » était le fils d'une femme nommée Marie. L'apôtre Pierre avait l'habitude de les visiter, et c'est là qu'il se rendit après avoir été relâché de sa prison par l'ange. (Actes 12: 5-17) Pierre parlant de Marc l'appelle « Marcus mon fils », ce qui permet de croire que Marc fut probablement converti à Christ par la prédication de cet apôtre. De toute façon des relations étroites les unissaient. Ils se trouvaient ensemble à Babylone. (I Pi. 5: 13) C'est également Marc qui fit des tournées de prédication en compagnie de son cousin Barnabas et de l'apôtre Paul; et qui plus tard était avec Paul lorsque cet apôtre fut emprisonné pour la première fois à Rome. (Actes 12: 25; 13: 13; 15: 36-40; Col. 4: 10; Philém. 24) Mais c'est son étroite association avec Pierre qui sera l'objet de toute notre attention. Pierre était un témoin oculaire du ministère terrestre de Jésus, et l'un des premiers disciples de Christ. (Jean 1: 35-42) Papias, un écrivain chrétien du début du deuxième siècle après Christ, nous informe que Marc était l'interprète et probablement le secrétaire de Pierre. Par conséquent Pierre fut sans aucun doute le témoin oculaire auquel Marc se reporta pour écrire son évangile. Il est visible que ce récit reflète ce que Pierre raconta souvent à Marc, mais il est peu probable que cet évangile fut dicté mot à mot. Quand et où Marc écrivit-il son évangile? Comme dans le cas de chaque évangile, on ne peut préciser la date de sa composition. Il est probable qu'il fut écrit avant celui de Luc, lequel précéda de peu le livre des Actes écrit par ce même Luc vers 61 après Christ. Quant au lieu où l'évangile de Marc fut écrit, tous les témoignages s'accordent pour désigner Rome. Marc l'a peut-être écrit à Rome lorsque Paul y a été emprisonné pour la première fois. Marc visait-il, en écrivant son évangile, une classe particulière? Matthieu écrivit surtout pour les Juifs, mettant en valeur de nombreuses prophéties des Ecritures hébraïques, et montrant de quelle manière elles furent accomplies par Jésus, ou en sa personne, afin de prouver aux Israélites que c'était lui le Messie que la nation juive attendait. Mais cette caractéristique n'est pas en évidence dans l'évangile de Marc. Il omet de sa propre autorité, toute référence aux Ecritures hébraïques excepté dans les premiers versets du chapitre un (15:28 est une interpolation). Il ne parle pas davantage de la loi de Moïse. Les seules citations des Ecritures hébraïques que Marc introduit dans son évangile sont les passages employés par les personnages qu'il rencontre dans le récit des événements, c'est-à-dire les paroles prononcées par Christ lui-même ou par ceux qui s'adressaient à lui. Marc nous montre ainsi qu'il ne visait nullement les Juifs, mais semblait plutôt les éloigner délibérément de sa pensée dans l'intention de faire un puissant appel aux non-Juifs ou Gentils. Quelques constatations justifient cette façon de voir. Tout d'abord le style concis et heurté propre aux goûts des Romains. Ensuite le nombre de latinismes que l'on trouve dans le récit permet de discerner une certaine familiarité à l'égard des lecteurs. Les mots et les phrases que ne pourraient comprendre des lecteurs d'entre les Gentils sont interprétés à leur intention. (Voir 3: 17; 5 : 41; 7: 11,34; 14: 36 ; 15: 34) On remarque également que Marc est muet sur la généalogie de Jésus. Cela avait une importance capitale pour les Juifs qui cherchaient le Messie dans la lignée de Juda et du roi David, mais n'avait qu'un intérêt secondaire pour les chrétiens non-Juifs. D'autres particularités caractérisent le second des quatre évangiles. Il est le plus court évangile, mais décrit, plus que les autres, certains événements et scènes avec beaucoup de vigueur. Cette brièveté est attribuable, non à un manque de description ni à un manque de matériaux historiques, mais à une omission ou à une condensation sévère des entretiens de Christ Jésus. L'introduction de ces discours dans le récit aurait eu pour résultat de l'interrompre fréquemment et d'en ralentir le mouvement; leur absence donne au style plus de concision et une animation que l'on ne trouve pas dans les autres évangiles. Dans l'évangile de Marc, Christ Jésus apparaît comme un serviteur zélé, un homme d'action dont la mission nous est révélée davantage par le récit de ses actes que par la répétition de ses paroles. Arrivé au quatorzième verset de son évangile, Marc a amené le lecteur au cœur même du ministère de Jésus en Galilée. Le service de Jean-Baptiste comme précurseur nous a déjà été relaté, ainsi que le baptême de Jésus et, en quelques mots, sa tentation dans le désert. Le verset quatorze mentionne l'emprisonnement de Jean et l'activité de Jésus en Galilée. Du chapitre 1 verset 14 jusqu'au début du chapitre 10, les miracles de Jésus et les tournées de prédication en Galilée passent devant les yeux du lecteur à la manière d'un film. Action! Pour mettre en valeur cette activité fébrile le rédacteur de cet évangile sacrifie beaucoup de points dans l'enseignement par discours et paraboles, mais les lacunes seront comblées par les autres évangiles synoptiques de Matthieu et de Luc. C'est ainsi que dans son désir d'aller vite, malgré le profond sérieux de son caractère, il ne prend pas le temps de mentionner le sermon sur la montagne prononcé par Jésus, ne donnant même aucune des pensées essentielles. Des omissions de cette importance prouvent d'une manière frappante que l'enseignement avait déjà été donné et qu'il n'était pas nécessaire de le répéter. Cela en accord avec le fait que l'évangile de Marc fut spécialement rédigé pour les Gentils et non pour les Juifs, prouve logiquement qu'il fut écrit après celui de Matthieu. Ayant terminé de relater la campagne de Galilée avec le verset 50 du chapitre 9, Marc omet, comme le fit Matthieu, le dernier ministère de Jésus en Judée, depuis la fête des tabernacles en l'an 32, jusqu'à la fête de la dédicace de la même année. Il oublie également la plus grande partie de la dernière tournée en Pérée, n'en considérant que la phase finale, de la Galilée à Jérusalem. Il termine brusquement au chapitre 16 verset 8, par le récit du plus sensationnel des événements survenus à Jérusalem. Ce fut probablement pour remédier à la brutalité de cette fin de narration que, plus tard, une autre main y ajouta les versets 9 à 20. |


