L'étude de la Bible
DANIEL
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Le livre porte le nom de son rédacteur. Quoique le livre n'affirme pas que Daniel est l'écrivain, cela ne fait aucun doute. Daniel signifie «Dieu est juge» ou «le juge de Dieu». En de nombreux passages, Daniel parle à la première personne, et au chapitre 7:1 il est expressément rapporté qu'il coucha par écrit une de ses nombreuses visions. (Dan. 7:2, 28; 8:2; 9: 2; 12:5, 7, 8) L'érudition de Daniel lui permit de rédiger son livre en deux langues, une partie en hébreu l'autre en araméen. L'araméen fut employé du chapitre 2 verset 4, au chapitre 7, verset 28. Quelle est la période de temps couverte par le livre de Daniel ? Tous les commentateurs ont certaines difficultés pour situer le point de départ de l'histoire par laquelle le livre commence. Ils s'efforcent en vain d'harmoniser Jérémie 25: 1 et Daniel 1: 1, 2, deux textes apparemment contradictoires. En fait, lorsqu'on comprend l'élément historique de Daniel 1: 1, 2 en harmonie avec les faits historiques, l'on s'aperçoit que Jérémie 25: 1 concerne une époque antérieure et toute difficulté disparaît. Le récit historique de II Rois 24 et 25 montres clairement qu'en deux occasions seulement Babylone emmena des captifs de Jérusalem et de Juda: la première fois à la fin du court règne de Jojakin (618 av. J.-C.), et la deuxième fois, onze ans plus tard, lors de la chute de Sédécias et de la destruction complète de Jérusalem. (607 av. J.-C.) A l'époque de la première captivité, en 618 av. J.-C., seuls les Juifs nobles et cultivés furent déportés. De ce groupe de choix, faisaient partie le prince judéen Daniel et ses trois compagnons de la fournaise ardente. — Dan. 1: 1-7; II Rois 24: 10-16. Cependant, Daniel 1: 1, 2 fixe le commencement de cette première captivité dans la « troisième année » de Jojakim, lequel commença à régner en Juda en 628 av. J.-C. Cela voudrait-il dire que la captivité de Daniel et des autres commença en 626 av. J.-C., la troisième année de Jojakim, roi de Juda? Il ne peut en être ainsi, car Nebucadnetsar ne monta sur le trône que l'année suivante, en 625 av. J.-C. En fait, le verset d'introduction de Daniel signifie que dans la « troisième année du règne de Jojakim, roi de Juda », comme roi tributaire de Babylone, «Nebucadnetsar, roi de Babylone, marcha contre Jérusalem, et l'assiégea ». Pourquoi cette manière de voir? Parce que Jojakim, placé sur le trône par un décret de l'Egypte, fut tributaire de l'Egypte durant plusieurs années; mais lorsque Babylone vainquit l'Egypte, Jojakim passa sous le contrôle de Babylone et y demeura pendant trois ans, après quoi il se révolta. (II Rois 24:1) Cette troisième année de tutelle fut la onzième et dernière de son règne, car le monarque babylonien vint contre le rebelle roi juif et acheva rapidement la conquête au cours du règne de trois mois de Jojakin, successeur de Jojakim. C'est ainsi qu'en 618 av. J.-C., ce fut à la fois la première captivité et le point de départ du récit historique du livre de Daniel. Le livre s'achève la troisième année de Cyrus, en 535 av. J.-C., couvrant ainsi une période de quatre-vingt-trois ans. Ce qui précède justifie l'exactitude de Jérémie 25: 1; lors de la discussion du chapitre 2 de Daniel, nous verrons que notre raisonnement est correct, et que l'interruption durant le règne de Jojakim est réelle. Après le premier chapitre qui nous révèle comment Daniel et ses trois compagnons hébreux évitaient de se souiller avec la nourriture et la boisson, ce qui fit dire à Nebucadnetsar qu'ils étaient dix fois plus sages que tous les magiciens et astrologues de son royaume, le deuxième chapitre commence ainsi: « La seconde année du règne de Nebucadnetsar, Nebucadnetsar eut des songes. » Mais le songe particulier qui avait troublé son sommeil s'évanouit à son réveil. Aucun des sages de Chaldée n'était en mesure de le lui raconter, et encore moins de le lui expliquer. Cependant, après avoir prié en commun avec ses trois compagnons hébreux, Daniel révéla le songe et son interprétation, et ce, par la puissance de Dieu. Le songe se rapportait à une statue grande et terrible, composée de divers métaux, les pieds étant un mélange de fer et d'argile molle. C'est alors qu'une puissante pierre se détacha d'une montagne sans le secours d'aucune main, frappa les pieds de la statue qui s'écroula, et mit en poussière cette monstruosité qui disparut emportée par le vent d'été. Après quoi la pierre prit les proportions d'une montagne qui remplit la terre. Après avoir interprété ce songe, Daniel fut promus vice-roi sur Babylone, et ses trois compagnons obtinrent de l'avancement dans le gouvernement. Il est établi que ce songe et son interprétation eurent lieu la seconde année du règne de Nebucadnetsar. En fait, Nebucadnetsar avait alors régné beaucoup plus de deux ans sur Babylone. En effet, au moment de ce songe, le jeune captif avait achevé son stage de trois ans, à la cour, avait déjà été introduit auprès du roi, et avait acquis une réputation de sagesse, principalement dans les songes et les visions. Dans la dix-neuvième année de son règne, Dieu se servit de Nebucadnetsar comme exécuteur de ses ordres, afin de détruire la Jérusalem impie et mettre un terme à l'histoire d'Israël en tant que nation théocratique indépendante. C'est alors que Nebucadnetsar commença à régner d'une façon extraordinaire en ce qu'il devint le premier des dominateurs de ce monde du temps des Gentils. La seconde année de son règne, en cette qualité spéciale, Nebucadnetsar eut un songe illustrant la fin de l'organisation et de la domination de Satan et la prise du pouvoir par le royaume de Christ, ce qui est rapporté par Daniel 2. Ici encore, comme en Daniel 1: 1, apparaît clairement la manière toute particulière dont le rédacteur du livre se sert pour calculer accessoirement les années du règne d'un roi. Il prend pour point de départ de ses calculs chronologiques un événement qui fait époque, un événement montrant le roi sous un jour entièrement nouveau. Les chapitres 3 et 4 se rattachent également au règne de Nebucadnetsar. Au chapitre 3, nous trouvons un récit relatif la à une statue que le roi érigea dans la plaine de Dura, et devant laquelle tout le monde était obligé de plier le genou au son d'un hymne national. Mais Schadrac, Méschac et Abed-Nego refusèrent de se prosterner en adoration religieuse d'une représentation de l'Etat. Une chance spéciale de changer d'opinion envers Nebucadnetsar leur fut offerte, mais sans hésiter ils refusèrent énergiquement. Rempli de rage, Nebucadnetsar ordonna de chauffer la fournaise sept fois plus fort que de coutume, et y fit précipiter les trois fidèles Hébreux. L'excessive chaleur rôtit vifs ceux qui les avaient jetés, tandis que dans la fournaise les trois Hébreux circulaient, sans brûlure aucune, en compagnie d'une quatrième personne, ressemblant au Fils de Dieu. La véritable adoration était justifiée en face de l'adoration démoniaque et idolâtre de l'Etat! Le quatrième chapitre relate le songe de Nebucadnetsar relatif à un grand arbre vert et portant du fruit, donnant abri et nourriture à toute créature vivante. Un envoyé du ciel abattit l'arbre, n'en laissant que le tronc lié par des chaînes de fer. Il devait rester en cet état durant sept temps. L'interprétation du songe, faite par Daniel, s'accomplit en Nebucadnetsar sur une petite échelle, mais a été pleinement confirmée depuis par un accomplissement plus grand et définitif. Les chapitres 5, 7 et 8 rapportent les événements du règne de Belschatsar. Dans la première année de ce règne, Daniel rédigea le songe des quatre animaux ainsi que son interprétation. (7 : 1-28) Ce songe exalte le royaume de Dieu par Christ et dit qu'il aura la domination éternelle. Dans la troisième année du règne de Belschatsar, Daniel eut sa vision du bélier et du bouc, et en reçut l'interprétation de Gabriel. (8: 1-27) Le cinquième chapitre raconte le festin impie de Belschatsar au cours duquel les doigts d'une main d'homme écrivirent d'étranges signes sur la muraille. Aucun des astrologues et des devins chaldéens ne put interpréter les signes, mais Daniel déclara à ce sujet: Que Belschatsar s'était élevé contre Jéhovah et avait souillé les vases du temple; que Dieu avait compté les jours de la royauté de Belschatsar et y avait mis fin; que le monarque babylonien avait été pesé dans les balances et trouvé trop léger; et que son royaume allait être divisé et donné aux Perses et aux Mèdes. L'inscription de la muraille s'accomplit cette même nuit. Les chapitres 6, 9, 10, 11, et 12 relatent les événements des règnes de Darius et Cyrus. (539 à 535 av. J.-C.) Le sixième chapitre nous rapporte la célèbre histoire de Daniel jeté dans la cage aux lions, après avoir été livré par les politiciens haineux; Daniel en fut délivré, tandis que ses calomniateurs y furent jetés et dévorés par les fauves. Au chapitre 9 (539 av. J.-C.), l'on aperçoit Daniel méditant sur la prophétie de Jérémie relative aux soixante-dix années de désolation sur Jérusalem. Cette période allait être terminée au bout de deux ans. Tandis que Daniel plein d'espoir confessait ses péchés et ceux d'Israël et priait Dieu, il reçut la fameuse prophétie des soixante-dix semaines qui fixait le temps de la présente terrestre du Messie. Cette prophétie était si compréhensible, et précisait tellement bien les dates importantes qu'en temps voulu, en l'an 29 de notre ère, les Juifs attendaient impatiemment le Messie. (Luc 3:15) Le chapitre 10 (535 av. J.-C.) nous révèle comment Daniel, après avoir passé trois semaines dans le deuil et le jeûne, fut récompensé par l'apparition d'un ange lui prédisant (chapitres 11 et 12) les conflits entre le roi du midi et le roi du nord au sujet de la domination mondiale, ainsi que la prise de pouvoir du Messie. Daniel fut également informé de l'époque où ces choses seraient accomplies et comprises. Les deux derniers chapitres mentionnent l'abomination de la désolation. (11: 31; 12: 11) La dernière date donnée dans l'histoire personnelle de Daniel est en rapport avec la vision qu'il eut de ces choses. (10:1) Il s'agit de la troisième année de Cyrus le Perse, c'est-à-dire l'an 535 av. J.-C. Le récit s'étend ainsi de la onzième année précédant la désolation des soixante-dix années jusqu'à la deuxième année qui suivit cette période. |


