Le Héraut Du Royaume De Jéhovah
Le Héraut Du Royaume De Jéhovah
Que ton règne vienne; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
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L'association International Les Témoins de Jéhovah

L'étude de la Bible

 
 
Parmi les trois prophètes appelés communément « Grands Prophètes », Esaïe vient en tête de liste, dans l'ordre chronologique et dans l'ordre du canon. Il remplit sa mission de prophète au cours des règnes d'Ozias, de Jotham, d'Achaz et d'Ezéchias, tous rois de Juda. Il commença à prophétiser peu avant la mort du roi Ozias (774 av. J.-C.) et continua au moins jusqu'à le quatorzième année d'Ezéchias, en 732 av. J.-C. (Es. 1: 1; 6: 1; 36: 1) Les événements racontés dans son livre se déroulèrent donc pendant une période d'au moins quarante-deux ans, et probablement quelques années en plus. La tradition veut qu'Esaïe mourût pendant le règne du sanguinaire Manassé qui aurait fait scier le prophète en deux tronçons. Cette mort ignominieuse justifierait l'expression de Paul en Hébreux 11: 37. Souvenons-nous que ce n'est qu'une tradition. Osée, Michée et Oded furent les prophètes contemporains d'Esaïe. (Osée 1: 1; Michée 1: 1; II Chron. 28: 6-9) Sur la personne d'Esaïe, nous ne savons que peu de choses. D était fils d'Amos (non pas du prophète de ce nom), marié à une prophétesse, de qui il eut pour le moins deux fils. En plus du livre de la Bible qui porte son nom, il écrivit certaines œuvres historiques. (Es. 1:1; 7:3; 8:3,18; 30:8; II Chron. 26:22) Son nom signifie «le salut de Jah».

Le livre d'Esaïe peut être divisé en trois parties. Les chapitres 1 à 35 sont consacrés à des prophéties d'une portée générale intéressant plusieurs nations, et semblent avoir été prononcées avant l'invasion de Juda par les Assyriens et le siège de Jérusalem. Les chapitres 36 à 39 sont surtout historiques. Ils racontent l'invasion de Sanchérib, la maladie d'Ezéchias, sa guérison, et son imprudence lorsqu'il montra ses trésors au fils du roi de Babylone. Les chapitres 40 à 66 contiennent des prophéties qui ont trait surtout à la restauration d'un reste de Juifs fidèles après la captivité de Babylone sur une petite échelle, et à une plus grande restauration qui, aurait lieu de nombreux siècles plus tard, sous le règne d'un plus grand Cyrus, et qui serait alors la réalisation intégrale. Cette dernière partie contient vingt-sept chapitres et semble avoir été écrite après la défaite de Sanchérib lorsque le danger d'une occupation assyrienne fut écarté, et au moment où le prophète tourna son entière attention vers la menace qui se dessinait du côté de Babylone. Elle semble avoir été rédigée pendant les quinze années paisibles ajoutées à la vie d'Ezéchias. Toutes les prophéties d'Esaïe rendent principalement témoignage à Christ et à son royaume, et parlent du reste restauré des oints d'aujourd'hui et de leurs compagnons « les autres brebis » ou les « étrangers ». Le contenu de chacune de ces trois parties va être brièvement résumé.

Première partie, chapitres 1 à 35: Dans un langage hardi et magnifique, le prophète de Jéhovah invite les cieux et la terre à écouter la controverse entre Dieu et son peuple nominal. Le grand Théocrate courroucé a en horreur leurs abominables jeûnes, fêtes et sacrifices rituels; en se détournant de l'hypocrisie, leurs péchés rouges comme l'écarlate deviendront blancs comme de la neige. Il prédit que dans les derniers jours des peuples de toutes les nations se rendront en foule à Sion et à Jérusalem pour apprendre la loi de Jéhovah et se livrer à des occupations pacifiques. Le prophète fait soudain une digression pour énumérer encore une fois l'idolâtrie de Juda, lui prédire ses calamités, et l'avertir que son manque de connaissance l'entraînera en captivité. Esaïe a ensuite une vision de la gloire de Jéhovah dans le temple. Là ses lèvres sont purifiées, et il est envoyé pour prophétiser. La Syrie et Israël unissent leurs forces contre Juda, mais la chute des conspirateurs devant les Assyriens est prédite. Juda est mis en garde contre une ligue des nations, et il est exhorté à craindre Jéhovah. Après avoir prédit la naissance du Messie venant d'une vierge, le prophète parle de son règne sans fin, de l'accroissement et de la paix de son empire. L'Assyrie est une verge de Jéhovah pour châtier son peuple impie, mais elle doit à son tour par décret divin. Un reste de fidèles Israélites retournera à l'adoration du vrai Dieu ; Israël est réconforté Dar l'annonce du royaume pacifique de Christ, et aussi par la promesse du rétablissement d'un reste fidèle duquel la colère de Dieu s'est détournée.

L'attention se porte maintenant sur Babylone, dont la destruction sera œuvre des Mèdes. La chute de Satan est dépeinte en la personne du roi de Babylone (Lucifer). Puis successivement nous trouvons des oracles de malédiction contre Moab, Damas, l'Ethiopie, l'Egypte, Babylone, puis contre la montagne de Séir, l'Arabie, Juda et Tyr. Les jugements de Dieu annonçant la destruction du pays viennent en raison de la rupture de l'alliance éternelle. Mais pour un reste de fidèles qui reviendra, Jéhovah prépare un festin de mets succulents. Ce reste sera délivré de la mort, et chantera, plein de confiance, un cantique de louanges à Jéhovah. Celui-ci détruira les monstrueuses puissances mondiales qui dominent la « mer » qu'est l'humanité, et un flot débordant écrasera les railleurs d'Ephraim, ainsi que les maîtres de Jérusalem qui ont mis leur espoir en un prétendu pacte avec la mort et le séjour des morts, au lieu d'accepter la pierre angulaire de prix solidement posée en Sion, c'est-à-dire Christ, le Messie. Une malédiction est lancée contre ceux qui, enivrés de fausses doctrines, adorent selon les préceptes humains, et contre ceux qui attendent la délivrance des armes charnelles de l'Egypte. Le dessein divin de faire subir à l'Assyrie le feu de la destruction est affirmé, ainsi que la venue d'un roi accompagné de ses princes. Esaïe prédit aussi la vengeance de Jéhovah contre toutes les nations qui infligèrent de mauvais traitements à Sion. Enfin, le dernier chapitre de cette première partie du livre décrit magnifiquement la prospérité de l'organisation visible et rétablie de Jéhovah et les joies de son fidèle reste restauré qui y retourne.

Deuxième partie, chapitres 36 à 39: Il est question de l'invasion de Juda par Sanchérib, dans la quatorzième année d'Ezéchias, et des propos impertinents et blasphématoires de l'injurieux Rabschaké. Ezéchias consulta le prophète Esaïe qui, sous la dictée de Jéhovah, prononça une prophétie réconfortante contre la hautaine Assyrie. Le Tout-Puissant chassa les envahisseurs et Sennachérib retourna à Ninive, et pendant qu'il adorait ses dieux démoniaques dans le temple, ses deux fils l'assassinèrent. Ezéchias fut ensuite guéri d'une maladie mortelle, et Dieu prolongea ses jours de quinze ans. Mais après cela, ce roi exhiba maladroitement les trésors de sa maison aux yeux avides du prince Merodac-Baladan de Babylone, et Esaïe lui prédit un temps où ses trésors seront emportés à Babylone en même temps que le peuple de Juda.

Dans la troisième partie, chapitres 40 à 66, il est parlé de la captivité de Babylone mentionnée ci-dessus, et surtout de la chute de cette Babylone et du rétablissement à Sion ou Jérusalem d'un reste de fidèles Israélites. Mais ce rétablissement ne sera pas limité à un accomplissement partiel et littéral qui ne fut qu'une préfiguration, l'ombre de grandioses réalités. Ces glorieuses prophéties préfiguraient sur une échelle bien plus grande, le Messie ainsi que son royaume, les bénédictions qu'il accomplirait, et la prospérité de son règne triomphal. Le début de cette troisième partie (40:1-31) contient des paroles réconfortantes adressées à l'organisation divine, et prédit le précurseur du Messie promis. Ensuite, la sagesse et la puissance incomparables de Jéhovah sont exprimées avec force. Il favorisera son serviteur persécuté, et prouvera à ses adversaires qu'ils ne sont que néant. Son serviteur élu viendra apporter la liberté et la lumière. Un peuple chargé d'être les témoins de Jéhovah sera racheté de la captivité. L'élévation de Cyrus, le grand libérateur destiné à mettre en pièces la tyrannique Babylone, est annoncée deux siècles à l'avance, si bien qu'au temps de la libération, Israël constatera que Jéhovah l'avait préparée. Cyrus étant destiné à écraser Babylone, il est logique que soient prédits l'abaissement, les malheurs et les deuils mérités par cette nation idolâtre. Mais le serviteur de Jéhovah délivrera le reste de ses adorateurs des liens de la servitude, et ceux qui seront rassemblés du sein de toutes les nations constitueront une multitude surprenante. Alors l'organisation restaurée de Jéhovah ne boira plus jamais la coupe du tremblement et de la lie amère; mais celle-ci sera passée à leurs durs persécuteurs qui boiront jusqu'à la dernière goutte cette coupe d'amertume et d'étourdissement, pendant que Sion, réveillée, pleine de forces nouvelles, se relèvera, secouera sa poussière, et que ses enfants, semblables à des vases purifiés, quitteront Babylone pour publier une bonne nouvelle.

Le chapitre 53 décrit les souffrances de Christ sur la terre. Les trois chapitres suivants révèlent la «femme» symbolique de Dieu (laquelle fut longtemps stérile) comme la très féconde mère d'un grand nombre de fils. L'héritier de l'alliance pour le royaume conclue avec David, est promis comme futur Conducteur et Chef des peuples. Vers lui se rassembleront, non seulement un reste reçu dans l'alliance, mais aussi des étrangers venus de toutes les nations.

Le thème inspirateur relatif à la prospérité sans fin et au rassemblement, développé jusqu'à maintenant, est interrompu dans les chapitres 57 à 59 pour y démasquer les idolâtres qui se disent les vrais adorateurs, et prédire la venue en Sion du Rédempteur pour le jugement. Puis le sujet rebondit pour atteindre une puissance sans égale. Le chapitre 60 parle des Gentils se joignant en foule à la resplendissante Sion et à son reste oint, comme une mer agitée, comme des nuages de colombes dans le ciel. Les portes de Sion sont toujours ouvertes pour recevoir la moisson qui est telle que le plus petit devient un millier, et le moindre une nation puissante. Christ, le Messie, a été chargé d'accomplir toutes ces choses, ayant reçu pour cela l'esprit de Dieu. Après cette reconstruction, Sion reçoit un nom nouveau. C'est également le Messie qui va fouler le vin de la colère de Jéhovah en exerçant sur le monde de Satan la vengeance divine. Le dessein immuable de Jéhovah s'accomplira. Il ôtera les anciens cieux, dissoudra la vieille terre, et créera de nouveaux cieux et une nouvelle terre, et dans ce Monde Nouveau sans fin, toute la création y compris toute chair sur la terre, viendra régulièrement adorer son Créateur et Souverain.

Il va sans dire que la «haute critique», toujours aussi malveillante, veut amoindrir la valeur de ce livre en prétendant qu'aucun document ne prouve qu'Esaïe est l'écrivain de la troisième partie de ce livre, à savoir les chapitres 40 à 66. Telle est la principale objection de ces détracteurs. Leur argument est si fragile, si puéril, que ce serait perdre son temps que d'en discuter. Nous prouvons aussi clairement que possible qu'Esaïe a bien rédigé le livre portant son nom par les deux passages bibliques suivants: Actes 8:30-35 et Esaïe 53:7,8. D'autres sont surtout émerveillés par la splendeur du style vraiment incomparable de ce livre, et oublient d'apprécier l'inestimable richesse que sont pour eux ces paroles inspirées dont l'authenticité ne peut être contestée. Nombreuses sont les prophéties d'Esaïe qui, par la nation juive eurent leur accomplissement sur une échelle réduite. Plus nombreuses encore sont celles qui furent réalisées en Christ Jésus ou par lui lorsqu'il vint sur la terre. D'autres enfin se sont accomplies ou s'accomplissent complètement sous nos yeux. De tous les prophètes hébreux, Moïse excepté, aucun n'a été cité aussi souvent qu'Esaïe dans les Ecritures grecques chrétiennes.